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Philosophie de l’Ecole Ki-Muntu :

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Le ki-muntu est une Ecole Initiatique d’Elévation de Consciences dont le but essentiel est de perpétuer les enseignements spirituels transmis par le Grand Nganga Djehouty. Les Muntus (Bantu) étudient l’histoire de l’être multidimensionnel, depuis son émanation hors du NI (Noun en égyptien ancien ) jusqu’à sa condition présente, ainsi que les rapports qui l’unissent au MBI et au NZA.

En s’incarnant dans les différentes dimensions la Conscience du NI s’est individualisée afin d’expérimenté une réalité lui permettant de se connaitre, se découvrir.  Selon le texte de haute initiation, le maitre Meri Urtha Kama à propos de la connaisance et de l’inconnaissance de NZAMBI nous dit:  

« On a beau tourner la notion de Connaissance dans tous les sens, on aboutit à la conclusion que Connaître renferme en réalité deux problématiques : l'expérience et l'explication de l'objet de cette Connaissance. On ne Connait véritablement un phénomène quel qu'il soit que lorsqu'on en a fait l'expérience et savons en donner l'explication à savoir répondre à la question : POURQUOI ? Laquelle en amène automatiquement une autre : COMMENT ?

 

Par exemple, beaucoup de personnes prétendent Connaitre l'AMOUR, parce qu'ils pensent en avoir fait l'expérience. Mais sont-ils capables d'expliquer le POURQUOI et le COMMENT de ce qu'elles ressentent ou ont ressenti ? C'est seulement lorsque l'on est capable d'expliquer un phénomène dont nous faisons ou avons fait l'expérience que nous pouvons alors affirmer le Connaître et par conséquent l'isoler des autres phénomènes que nous expérimentons. Un étudiant qui prétend connaître ce qu'est une fièvre alors qu'il n'en a jamais eu à l'expérimenter, ne la Connaît pas en réalité. Il n'a qu'une "connaissance théorique" du phénomène. Il ne fait que répéter et appliquer ce qu'il a appris. C'est une pseudo-connaissance et c'est elle hélas, qui est la plus répandue, contrairement à ce que l'on peut croire. 

 

Cette double compétence de ce qu'est Connaître véritablement, fait de nous tous des incompétents sur plusieurs sujets que nous expérimentons soit consciemment ou inconsciemment. Prétendre par exemple connaître les "Esprits" des Ancêtres en se basant uniquement sur les enseignements de quelqu'un, en répétant tel un perroquet ces enseignements alors qu'on n'a aucune expérience de communications/échanges avec ces dits Ancêtres, n'est ni pertinent, ni honnête. On ne peut par conséquent prétendre Connaître les hautes sphères dimensionnelles de la Conscience que lorsqu'on en a fait l'expérience et avons à notre possession les réponses aux questionnements que sont le POURQUOI et le COMMENT de que l'on a expérimenté. Et c'est cela la véritable Sagesse (BU-MUNTU).

 

Selon ceux qui la possèdent, ou qui l'on possédée et ont laissé des témoignages, cette Sagesse est accessible à tous.

 Chaque Humain est capable de Connaître le COSMOS au sens véritable de Connaître. Il peut faire Consciemment l'expérience de voyager dans une Galaxie, dans un Soleil ou vers un autre espace temps dans la même dimension et en même temps acquérir les explications nécessaires sur ces "mondes". Cependant il peut développer sa Connaissance jusqu'à un certain point. Ce point, cette limite, se situe au niveau de ce que d'aucuns appellent "Dieu" (NZAMBI en Kikongo)

 

Il est vrai que chaque Humain en tant que Conscience Individualisée peut s'il le désir vraiment, faire l'expérience de "NZAMBI" (l'UNWaAyah, Mushi), communiquer/échanger avec lui.

 Pour cela, il devra monter la pyramide à CINQ (5) degrés de Saqqarah ou d'Ilé Ifé, c'est-à-dire gravir les QUINZE (15) niveaux dimensionnels de Conscience de l'Univers, dont DOUZE (12) dans l'Univers manifesté. Mais malgré cela, en dépit de cette expérience, l'Humain ou la Conscience Individualisée n'aura pas la Connaissance d'Ayah (l'UN, "NZAMBI"), car il n'aura JAMAIS l'explication de cette entité à la fois Être et Non-Être (c'est-à-dire au-delà de l'Être). En effet, donner l'explication d'un phénomène, c'est absolument en délimiter les CONTOURS, en saisir le commencement et la fin. Or Ayah/Wa/Nzambi  est "In-contournable", "in-délimitable".

 

En Afrique Authentique (KATIOPA ou KAMA), l'on dit de lui qu'il est AMON (Amen, Imen, Imana, Amoni, etc.), c'est-à-dire qu'il est INCONNAISSABLEINEFFABLE. Personne ne le Connaît vraiment, il n'a ni commencement ni fin. Il est NOIR car il est justement Ineffable, il est au-delà de la lumière. Sa noirceur symbolise et/ou témoigne de son ineffabilité.

 

C'est à WAZI (W3s.t), au nouvelle empire de l'Afrique des Fari, que les MUNTUS ont systématisé la notion d'ineffabilité de "NZAMBI-Imana", comme nous pouvons le lire dans cette Hymne à Amon du Papyrus de Leyde I-350 (tiré de : Mubabinge Bilolo, Fondements Thébains de la Philosophie de Plotin l'Egyptien, African University Studies, 2007, p.92-93) :

 

"Celui qui a inauguré l'existence la première fois, Amon, qui est venu à l'existence au commencement sans que son surgissement soit connu !

 

Il n'y a eu pas de dieu qui vint à l'existence avant lui. Il n'y avait pas d'autre dieu pour exprimer ses formes : il n'y avait pas de mère qui lui ait fait son nom. Il n'y avait pas de père qui l'ait engendré et qui ait dit : "C'est moi". […] le dieu divin qui est venu à l'existence de lui-même. Tous les dieux vinrent à l'existence lorsqu'il se fut donné le commencement. […]

 

Unique est Amon (Imn) qui se cache/qui est inconnu ou inconnaissable (imn) d'eux, qui se dérobe aux dieux, sans que l'on connaisse son aspect. Il est plus éloigné que le ciel-lointain; il est plus profond que la Douat. Aucun dieu ne connaît sa véritable nature. Son image n'est pas étalée dans les écrits. On a point de lui de témoignage parfait. Il est trop mystérieux pour que soit découverte sa prestigieuse majesté. Il est trop grand pour être interrogé, trop puissant pour être connu. On tomberait à l'instant mort d'effroi si on prononçait son nom secret, intentionnellement ou non. Aucun dieu ne sait l'appeler par ce nom. Bai-caché (imn) est son nom, tant il est mystérieux".

 

Ceux qui espèrent Connaître la « SOURCE/MUSHI/NZAMBI » en lisant des livres : Bible, Coran, Thora, etc. et y apprenant des versets par cœur se font des illusions. Comment peut-on espérer Connaître " NZAMBI " qui plus est en le cherchant dans des livres alors même qu'il est AMON dans sa "Nature" ? Comment peut-on se dire "homme de Dieu" au sens de maîtriser sa "parole" alors qu'on n'en a fait aucune expérience ?

 

D'autre part, comme il est dit dans cet hymne, AMON n'a pas de nom connu, car Il est justement le Caché (AMON). Les Hommes ne peuvent l'invoquer qu'à travers des épithètes, comme le fait remarquer si judicieusement le Dr. Mubabinge Bilolo :

 

"En Afrique, "X", "Origine de toute existence" n'a pas de nom propre. Il est appelé par des épithètes au nombre infini qui correspondent à l'infinité de ses "aspects", de ses "fonctions", de ses "actions", etc. : "Créateur", "Maître de tout ce qui est", "Totalité-Rien", "Caché/Inconnu", "Sans-Nom", "Polyonyme", "Soleil", "Soleil-Lune", "Lumière", "Eau de vie", "Air vivifiant", "Un-Unique", "Être", "Qui donne l'Être", "Grand-Modeleur ou Architecte", "Artiste par excellence", "Neter", "Neter-neterou", "Roi", "Roi des rois", etc." (Le Créateur et la Création dans la pensée Memphite et Amarnienne, p.148)

 

Toutes ces épithètes ne sont pas des Noms de l'UN (Aya), mais des "aspects" de l'UN. Alors, je suis souvent étonné de lire ou d'entendre des Africains se disputer aujourd'hui sur le comment devrait-on désigner "Dieu" alors que cette question était plutôt saugrenue en Afrique Authentique.

 

 

Meri Kama »

 

Ce test nous enseigne la complexité de la pénétration (kota) de la connaissance sacrée.